31
05
2009

Une étincelle de Vie
entre dans une poupée d’argile
et durant une courte période la poupée
parle, marche,
sourit, pleure,
accepte, refuse
et
voilà qu’ainsi une chance lui est donnée
de retrouver le chemin de sa source
afin que dans un élan de joie
elle s’y fonde.
Kea
7
05
2009

J’ai eu un moment de calme et de clarté, et dans cette lucidité nouvelle, j’ai découvert un secret simple et stupéfiant : la mort a un contraire, mais ce contraire n’est pas la vie.
Ce n’est pas non plus le courage, la foi, ou la volonté.
Le contraire de la mort, c’est l’amour.
Comment avais-je pu passer à côté de cela ? Comment pouvait-on passer à côté?
L’amour est la seule arme dont nous disposions.
Seul l’amour peut faire de la vie un miracle et donner du sens à la souffrance et à la peur.
Nando Parrado
(Miracle dans les Andes)
(Nando, perdu dans les Andes, à un moment où il croyait sa fin arrivée)
30
04
2009
Les Khmers rouges terrorisent le Cambodge et Malay Phcar, enfant d’une dizaine d’année, fuit avec sa famille. Un événement relevé dans une biographie de Malay montre une similitude évidente entre ce qu’il a expérimenté lors de cet événement et l’expérience de sœur Emmanuelle exposée dans mon précédent billet.
L’extrait que je désire vous citer maintenant, soulève un thème récurrent pour moi ces derniers temps, thème qui m’incite à la réflexion, c’est-à-dire les concepts et croyances :
« Quelque chose de chaud coule sur mes joues. Je m’essuie. Ce sont des larmes. Pourtant je n’ai pas l’impression de pleurer. Si, je pleure. C’est trop dur. La faim, la soif, et cette course épuisante. Nos pieds encore blessés par des bambous ont du mal à grimper. Nous n’avons pas mérité ce malheur. Toot et Praôs non plus et tous ceux que j’aime non plus. Personne. Quelle injustice! Comment peut-on dire qu’il y a un dieu qui nous aime? C’est du mensonge tout ça. Ce n’est pas vrai, pas vrai. »
Et lorsqu’il se réveille le lendemain, tout est majestueux. Les arbres qui s’élancent vers le ciel sont enlacés par des lianes qui portent des guirlandes d’orchidées de toutes les couleurs leurs branches forment des moutonnements émeraude qui brillent dans la lumière claire et pure du matin.
« Ma colère s’efface complètement devant ce spectacle. Je ressens le même enthousiasme étrange que j’avais éprouvé avec Praôs à Phnom Thipadei. Une sorte de joie inexprimable et la certitude que plus jamais un tel instant de beauté ne reviendra. »
Malay n’a que 12 ans à cette époque mais ses propos démontrent que déjà il traîne un lourd fardeau de concepts, fardeau déposé bien innocemment sur ses épaules par son entourage, principalement ses parents et ses enseignants.
Un soir où des événements particulièrement dramatiques l’amènent à vivre une intense révolte, l’édifice de ses concepts d’enfant de 12 ans, spécialement sa conception de Dieu, vacille. Tout à coup, ce Dieu lui sembe absurde et il le rejette brusquement. Il n’en faut pas plus pour que « la joie inexprimable » s’empare de lui sans qu’il en saisisse la cause. Personne dans son entourage n’étant en mesure de lui apporter quelque lumière sur ce qu’il vit, il reprend bientôt son bagage de concepts et se dit que «plus jamais un tel instant de beauté ne reviendra ».
Aujourd’hui sans doute a-t-il la nostalgie des paysages de son enfance et l’espoir, toujours déçu puisque ces paysages n’en étaient pas la cause, d’y retrouver l’expérience de fusion avec l’Infini qu’il y a connue.
Les concepts sont de tous les domaines et nécessaires en ce qui concerne la marche de la vie matérielle, mais ils sont absolument néfastes lorsqu’ils sont une tentative d’encadrer CELA qui déborde tous les cadres.
Dans le monde de l’Infini, aussi beaux et nobles soient les concepts, ils sont autant de petites digues empêchant la Rivière de la Félicité d’arroser les jardins du cœur.
Kea