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Méditation Quotidienne et Inspiration Spirituelle

30  04 2009

La rivière de la félicité (suite…)

Les Khmers rouges terrorisent  le Cambodge et Malay Phcar,  enfant d’une dizaine d’année, fuit avec sa famille. Un événement  relevé dans une biographie de Malay montre une similitude évidente entre ce qu’il a expérimenté lors de cet événement et l’expérience de sœur Emmanuelle exposée dans mon précédent billet.

L’extrait que je désire vous citer maintenant, soulève un thème récurrent pour moi ces derniers temps, thème qui m’incite à la réflexion, c’est-à-dire les concepts et croyances :

« Quelque chose de chaud coule sur mes joues. Je m’essuie. Ce sont des larmes. Pourtant je n’ai pas l’impression de pleurer. Si, je pleure. C’est trop dur. La faim, la soif, et cette course épuisante. Nos pieds encore blessés par des bambous ont du mal à grimper. Nous n’avons pas mérité ce malheur. Toot et Praôs non plus et tous ceux que j’aime non plus. Personne. Quelle injustice! Comment peut-on dire qu’il y a un dieu qui nous aime? C’est du mensonge tout ça. Ce n’est pas vrai, pas vrai. »

Et lorsqu’il se réveille le lendemain, tout est majestueux. Les arbres qui s’élancent vers le ciel sont enlacés par des lianes qui portent des guirlandes d’orchidées de toutes les couleurs leurs branches forment des moutonnements émeraude qui brillent dans la lumière claire et pure du matin.

« Ma colère s’efface complètement devant ce spectacle. Je ressens le même enthousiasme étrange que j’avais éprouvé avec Praôs à Phnom Thipadei. Une sorte de joie inexprimable et la certitude que plus jamais un tel instant de beauté ne reviendra. »

Malay n’a que 12 ans à cette époque mais ses propos démontrent que déjà il traîne un lourd fardeau de concepts, fardeau déposé bien innocemment sur ses épaules par son entourage, principalement ses parents et ses enseignants.

Un soir où des événements particulièrement dramatiques l’amènent à vivre une intense révolte, l’édifice de ses concepts d’enfant de 12 ans, spécialement sa conception de Dieu, vacille. Tout à coup, ce Dieu lui sembe absurde et il le rejette brusquement. Il n’en faut pas plus pour que « la joie inexprimable » s’empare de lui sans qu’il en saisisse la cause. Personne dans son entourage n’étant en mesure de lui apporter quelque lumière sur ce qu’il vit, il reprend bientôt son bagage de concepts et se dit que «plus jamais un tel instant de beauté ne reviendra ».

Aujourd’hui sans doute a-t-il la nostalgie des paysages de son enfance et l’espoir, toujours déçu puisque ces paysages n’en étaient pas la cause, d’y retrouver l’expérience de fusion avec l’Infini qu’il y a connue.

Les concepts sont de tous les domaines et nécessaires en ce qui concerne la marche de la vie matérielle, mais ils sont absolument néfastes lorsqu’ils sont une tentative d’encadrer CELA qui déborde tous les cadres.

Dans le monde de l’Infini, aussi beaux et nobles soient  les concepts, ils sont autant de petites digues empêchant la Rivière de la Félicité d’arroser les jardins du cœur.

Kea


6 Résponses to “La rivière de la félicité (suite…)”

  1. Toujours le doute au sujet de la bonté divine devant le spectacle du mal. C’est un sujet tellement lourd que je n’ai jamais osé le traiter.

  2. Plusieurs se disent qu’un Dieu d’amour ne laisserait pas de tels événements arriver. En fait, le Dieu de leur concept ne laisserait pas ces événements arriver.
    Pourtant, Malay dont la vie ne tient qu’à un fil poursuivi qu’il est par « le mal » à tête humaine, découvre au fond de lui-même justement à ce moment-là une « Joie» qu’il dit inexprimable. Moi je t’avoue que son témoignage me fait tourner la tête… c’est donc vrai qu’il existe une expérience qui dépasse tout entendement? au point où dans les situations les plus tragiques, l’expérience de la Paix est toujours là… au fond de soi? Oh le divin phénomène!

    Merci chère Ariaga pour ton commentaire.

  3. Si l’on était tous capable d’être en permanence dans un état d’amour et de paix, dans toutes situations mêmes critiques, le monde deviendrait autre, merveilleux.

  4. Dans les situations critiques il arrive que le superflu disparaisse (croyances-concepts) et il ne reste alors que la Paix, celle qui EST, de toute éternité. Il semble que c’est ce qui est arrivé à Malay, et à tant d’autres aussi.

    Je me dis que pour ressentir l’amour et la paix en tout temps comme tu le voudrais, il faut se départir du superflu et cela par contre n’est pas une évidence étant donné que nous confondons “superflu” et “Réalité”.

    Merci de ton commentaire chère Francine

  5. Oui, le superflu est le contraire de l’essentiel, et l’essentiel c’est être proche de notre “essence” divine qui est paix et amour.
    Cela me fait penser à un autre aspect qui concerne l’intuition. Comment distinguer la fausse intuition qui est la manifestation de nos désirs, de la véritable intuition, celle de notre essence : avec la véritable intuition nous sommes en paix et aimant.

  6. “…la véritable intuition…” dont tu parles

    n’est accessible qu’aux coeurs lavés du superflu…
    ce qui requiert un long trempage
    dans l’eau savonneuse de l’humilité!
    et seuls les audacieux choisissent de s’engager
    dans ce processus de profonde lessive.

    À bientôt chère Francine

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