Merci Kea de donner ainsi des nouvelles. Bonne réussite du projet de construction.
Toute mon amitié Kea, et toute mon amitié Ariaga. Du courage et de la persévérance à toutes les deux, tant sur le plan matériel que pour progresser sur le plan de l’âme.
Toute mon amitié à toi aussi et merci de tes encouragements car j’en ai besoin. Se perdre dans l’action est un piège et le contraire en est un aussi. Garder le focus, peu importe les événements car d’excuses il n’y en a jamais aucune de déraper puisque c’est moi qui en paierai le prix de toute façon. Rester vigilante et sur le nombre d’heures que je consacre à ceci et à celà chaque jour, je peux bien en prendre au moins une toute entière pour plonger dans cet espace en moi situé au delà des pensées. Quel ressourcement de pouvoir me reposer là! Certains appellent cela méditer mais ce mot j’hésite maintenant à l’utiliser car je le trouve bien galvaudé.
Oui, savoir “plonger dans cet espace en soi” à tout instant au cours de nos actions, ne serait-ce que quelques dixièmes de secondes, et pas seulement aux heures réservées à la “méditation”. L’action n’est pas le seul piège. Une non action telle que l’attente angoissée bloque aussi l’ “ouverture au Soi”.
Oui, comme l’enfant sur la photo est plongée dans cet espace divin intérieur, cela transparaît sur tous ses traits et je suis certaine que lorsqu’elle ouvre les yeux, tout ce quelle voit est divin… les arbres, les gens, les animaux… Moi aussi baignais dans cet état lorsque j’étais enfant et ensuite je l’ai perdu. C’est pourquoi il m’est nécessaire d’y consacrer maintenant un temps précis chaque jour afin d’atteindre un momentum qui fait que parfois, toutes mes actions, tous mes gestes au cours de la journée en sont imprégnées. Ça c’est une vraie grâce. Ça demande de la constance et de la détermination mais qu’y a t’il d’autre de vraiment intéressant à vivre?
J’avance sur le chemin. Les constructions c’est bien beau mais cela n’apaise pas ma soif de plénitude. Non, c’est tout au fond de moi que je trouve à me désaltérer, aux premiers jaillissements de la Vie! Savoir puiser à l’abondance de cette source, voilà le vrai enjeu de mon existence!
L’homme ne désire pas tant la vérité que l’espoir. Ne lui offrez pas la garantie que la route est sans danger, mais dites-lui qu’il sera secouru s’il vient à tomber. L’homme ne veut pas être assuré, mais rassuré.
Il y a longtemps que je n’étais venue sur le site.
Alors je lis tes citations pour la première fois
…qui sont de toi-même j’imagine puisque tu dis :
“Je me méfie de ceux qui citent régulièrement les auteurs célèbres. Ils compensent souvent la faiblesse de leur propre pensée par ceux des grands.”
Ce que tu dis est pas mal du tout,
j’apprécie!
Par exemple :
Je préfère un vrai désespoir à une fausse joie.
Croyance est fille de crédulité et mère d’illusions.
Deux êtres sont en amour quand ils partagent la même illusion.
Il n’y a aucun inconvénient à espérer, mais uniquement à croire en ses espérances.
Il y en a d’autres qui me font penser qu’une colère couve en toi, par exemple :
La sérénité c’est de l’indifférence habillée.
Je ne te donne pas complètement tort à ce sujet car la fausse sérénité ça existe aussi, et c’est pathétique.
Bon ! continue si tu veux,
c’est assez inspirant,
aussi…
ça m’en apprend beaucoup sur toi.
Je vois que mes appâts ont porté ses fruits. S’il n’y a pas un ver à l’hameçon, pourquoi l’anguille fuyante s’attarderait-elle au fond de l’anse tranquille qu’est koans, à l’abri des flots hurlants de l’océan informatique ? J’ai déposé mes mots sur cette plage, heureux de trouver écho à ma voix.
Ces quelques maximes sont le distillat d’une « âme » amère, sans doute, mais cette amertume est le résultat d’observations lucides et froides comme le sont souvent celles que fait le rêveur qui s’éveille et qui voit ses songes s’évanouir : une aigre tristesse. Plutôt que de colère ou même de haine je parlerais de pénétration ou de tranchant. Le condamné, avant d’être décapité, a l’esprit aiguisé. Ainsi en est-il de moi. On peut aimer ou non mes sentences, mais on ne peut me les reprocher, car elles sont mon regard, le seul et unique que je puis porter sur le monde et la vie.
Pour ce qui est du titre « Dormir en paix », il est apparu après une réponse écrite à ce koan en relisant les archives.
Je ne te demanderai qu’une chose, Kea : comment vas-tu ?
Le regard que chacun porte sur la vie est unique comme tu dis
et j’ajouterais que ce “regard” est en évolution
ou s’il ne l’est pas
c’est donc que la rivière a rencontré un obstacle qui lui barre la route.
Mais un jour ou l’autre elle reprendra sa course vers sa source
aussitôt qu’un peu d’amour fera fondre le froid obstacle.
Il faut avoir été aimé pour aimer.
Pour répondre à ta question toto
oui, je vais bien
je trouve la vie super telle qu’elle est
avec ses hauts et ses bas.
La vie est un vêtement qui a ses hauts et ses bas. La mienne est un costume flétri : on me l’emprunte pour nettoyer ses peines ou laver ses malheurs, mais jamais ne l’emploie-t-on pour plaire.
J’ai été absente quelques jours, alors je te réponds seulement maintenant.
J’ai de la difficulté à comprendre l’utilisation du mot “plaire” dans le contexte présent. Plaire à qui?
Qu’on t’emprunte le vêtement pour laver ses peines c’est bien je trouve, si le travail est réussi évidemment, si la personne se sent renouvelé après avoir utilisé ton linge, ce doit être absolument gratifiant d’avoir servi de la sorte. Si par contre le processus ne débouche pas sur une compréhension et la joie profonde que procure chaque pas que nous franchissons dans la connaissance de qui l’on est vraiment, alors là non on se sent plutôt abusé. Et encore là, se sentir abusé est un sentiment dont il faut chercher la racine en soi et non dans l’autre.
Qu’est ce qui attire les gens et qu’est-ce qui les éloigne?
Je t’écris ce qui me vient à l’esprit, sans fignoler, et peu importe tes réponses, c’est toujours enrichissant. J’adore aller au fond des choses, et parler de ceci et de cela ne retiendrait pas longtemps mon attention, à moins que ceci et cela mène plus loin qu’un étalage de connaissances ou que ceci ou cela soit une autre façon de rester à la surface des choses. Seuls les courageux empruntent la route qui mène à soi.
Je compte ici réaliser la promesse que je me suis faite de revenir te voir sitôt la possibilité de me connecter, car là où je me suis réfugié, loin du monde et de son vacarme ambiant, il a fallu que je sois patient.
Aujourd’hui, j’exécute ma promesse et je suis heureux de tenir ma parole avec beaucoup de joie. Permets-moi d’ouvrir la bouche à la porte de ta nouvelle demeure pour t’inviter à retrouver mon nouvel espace qui, j’espère, te promènera à loisir dans les plus silencieuses pièces de mon coeur.
La seule chose qui me blesse inlassablement est le temps.
Nous n’écoutons que notre diapason.
Nous entendons les voix des autres, mais ne gardons à notre ouïe que celles qui font vibrer nos cordes sensibles. Nous ne sommes pas sourds à autrui, mais étrangers à leurs atonalités. Comment pourrait-il en être autrement.
Nous avons nos goûts, nos préférences. Nous préférons le sucré à l’amer, le chaud au froid, le doux au rude. Avec le temps nous occultons ce qui nous déplait, nous abrasons les aspérités, nous lissons nos plumes pour mieux voler vers des contrées plus agréables, des paradis perdus…
Et nous croyons être devenus sages parce que nous avons l’âge. C’est parce que nous nous écartons de la foule ou que bien plutôt la foule s’écarte de nous, que nous arrivons à distinguer la multitude. Le temps et l’espace font la plus grande partie du travail et nous constatons seulement la distance parcourue. Voilà notre seul mérite.
Une remise en question n’est souvent qu’une remise à questions : on se débarrasse de nos vieilles interrogations en les cachant tout au fond de la cour pour faire place à de nouvelles. Vite que passe le chiffonnier !
Pour ce qui est de la vie, dommage qu’on ne puisse la brocanter. Nous pourrions vendre la nôtre ou mieux, l’échanger. « Vie à vendre ! Échangez votre destinée ! À qui, la bonne fortune ? »
Ces mots sont montés d’eux-mêmes en moi et je les ai écrits parce que mon coeur les disait.
Je me sens bien impuissante à dire quoi que ce soit pour te répondre. Être écouté est sans doute ce qui serait le mieux pour toi car toi seul peut regarder en toi-même. Il y a des moment où l’on a vraiment besoin d’aller voir plus loin en soi, car derrière ce que tu vois maintenant, il y a encore autre chose, et encore autre chose. C’est pourquoi Socrate disait “Connais-toi toi-même!” Il savait de quoi il parlait.
Si comme tu dis tu préfères le doux à l’amer (j’ajoute le sens au non-sens) il me semble que tu aimerais mieux une vie heureuse à une vie malheureuse. On vient au monde avec ces préférences là et pour moi c’est un indice de la direction à regarder, car sinon il y aurait longtemps que toute vie serait disparue de la planète si elle n’avait aucun sens. Ce qui n’a pas de sens, tout notre être tend à le détruire. S’il y a encore de la vie sur terre c’est donc qu’on l’aime, et puisqu’on aime ce qui a du sens !!!
Sans amour oui, c’est la mort.
On ne devrait jamais écrire le dimanche… Jour mortel!
Quand j’écris comme j’écris, c’est qu’il n’y a plus d’espace superficiel auquel je puis encore adhérer. La surface grenue sur laquelle je m’agrippais naguère est dorénavant lisse et froide. Un amalgame de métaux fondu à haute température par la chute en profondeur, dans mon magma élémentaire, de la connaissance de soi. Maintenant je sais la fin de l’histoire, la mienne. La seule chose qui me maintienne dans ce que tu appelles avec affection la vie, c’est de la connaître. Connaître la suite des événements en toute connaissance de cause, c’est-à-dire dans cette recherche de savoir qui nous mène à la découverte, à la clé qui ouvre l’huis de la finalité des choses. Ce qu’on y trouve n’est que pure absurdité. Une totale et complète absurdité au visage grimaçant et complice du néant, un chaos quantique dans lequel il n’y a aucune possibilité de se mettre à l’abri des tempêtes de nos peurs, de nos doutes et de nos angoisses. Dans ce déchaînement total, l’amour, la foi, la vie, mais aussi la raison, la beauté ou la culture ne sont que de fragiles radeaux sur lesquels s’accrocher en attendant d’être englouti dans cet océan insatiable. Pour l’instant je me laisse dériver sur cette mer agitée avant d’être noyé, tel l’accomplissement des vœux d’un dieu fou.
Que ta soif de savoir ne soit jamais désaltérée, que ta faim de connaître ne soit nullement rassasiée.
Si pour toi la vie n’a aucun sens,
pourquoi vouloir converser avec quelqu’un
qui lui en trouve… du sens ?
Quel sens trouves-tu à cette conversation
parce que si tu ressentais qu’elle n’en ait pas
je ne pense pas que tu t’y intéresserais
Primo: la vie en soi n’a aucun sens. Le “sens de la vie” est un donné que l’on pose sur un fait, la vie ou le vivant si tu préfères. On peut y poser autant de sens qu’il y a de sensitif disponible à le faire. Si la vie avait un sens elle aurait UN seul et unique sens, et ce sens serait le même pour tous. Mais tel n’est pas le cas. Le sens que tu y donnes n’est pas le même que le mien, ce qui nous fait déjà deux sens à la vie. Là où tu vois la vie, moi, je vois la mort. Là où tu vois la création, je vois la destruction. Dire que ma vision est fausse ou mauvaise c’est revenir à une vision unilatérale, celle de la platitude de la Terre, une vision unipolaire.
Toi, tu as décidée de placer l’amour au centre de ta vie. Moi, en périphérie, avec les autres illusions de la vie des hommes. Si tu voyais le bâtiment en entier tu verrais toute l’absurdité de cette construction. Tu as choisi l’alcôve de l’amour, une petite pièce douce et chaude dans laquelle tu te sens rassurée. Moi, je me tiens à l’extérieur de cet édifice aux murs lézardés. Il n’y a ni chaleur, ni confort, mais j’y suis à l’abri des séismes.
Secundo: pourquoi converser ? Par curiosité et par distraction, peut-être même par plaisir.
J’aimerais que tu me parles du plaisir; quel plaisir?
un peu de joie j’espère!
Il y a aussi le fait que tu dises qu’il y a plusieurs façons de voir la vie, mais à te lire il ressort que la tienne soit la bonne, que la vie est vraiment ce que tu dis qu’elle est et que ceux qui ne la voient pas comme toi s’illusionnent tout simplement. Excuse moi de te le dire mais pour moi c’est une autre sorte de religion ou d’antireligion; ce qui revient au même.
C’est bien de construire. Je vais essayer d’en faire autant, sur le plan de l’être mais il faut d’abord que je termine de déblayer les ruines…
Avant que de construire, sous les ruines creuse un peu car c’est toujours là que sont enfouis les grands trésors.
Je te serre fort chère Ariaga
Merci Kea de donner ainsi des nouvelles. Bonne réussite du projet de construction.
Toute mon amitié Kea, et toute mon amitié Ariaga. Du courage et de la persévérance à toutes les deux, tant sur le plan matériel que pour progresser sur le plan de l’âme.
Chère Francine,
Toute mon amitié à toi aussi et merci de tes encouragements car j’en ai besoin. Se perdre dans l’action est un piège et le contraire en est un aussi. Garder le focus, peu importe les événements car d’excuses il n’y en a jamais aucune de déraper puisque c’est moi qui en paierai le prix de toute façon. Rester vigilante et sur le nombre d’heures que je consacre à ceci et à celà chaque jour, je peux bien en prendre au moins une toute entière pour plonger dans cet espace en moi situé au delà des pensées. Quel ressourcement de pouvoir me reposer là! Certains appellent cela méditer mais ce mot j’hésite maintenant à l’utiliser car je le trouve bien galvaudé.
À bientôt chère amie
Oui, savoir “plonger dans cet espace en soi” à tout instant au cours de nos actions, ne serait-ce que quelques dixièmes de secondes, et pas seulement aux heures réservées à la “méditation”. L’action n’est pas le seul piège. Une non action telle que l’attente angoissée bloque aussi l’ “ouverture au Soi”.
Oui, comme l’enfant sur la photo est plongée dans cet espace divin intérieur, cela transparaît sur tous ses traits et je suis certaine que lorsqu’elle ouvre les yeux, tout ce quelle voit est divin… les arbres, les gens, les animaux… Moi aussi baignais dans cet état lorsque j’étais enfant et ensuite je l’ai perdu. C’est pourquoi il m’est nécessaire d’y consacrer maintenant un temps précis chaque jour afin d’atteindre un momentum qui fait que parfois, toutes mes actions, tous mes gestes au cours de la journée en sont imprégnées. Ça c’est une vraie grâce. Ça demande de la constance et de la détermination mais qu’y a t’il d’autre de vraiment intéressant à vivre?
Merci Francine
Que deviens tu, tes mots manquent …
Ce que je deviens?
J’avance sur le chemin. Les constructions c’est bien beau mais cela n’apaise pas ma soif de plénitude. Non, c’est tout au fond de moi que je trouve à me désaltérer, aux premiers jaillissements de la Vie! Savoir puiser à l’abondance de cette source, voilà le vrai enjeu de mon existence!
Merci de ta visite chère Ariaga et à bientôt
J’espère, n’oublie pas que la construction intérieure est aussi importante que l’autre, mais je sais que tu le sais …
Nos constructions intérieures sont châteaux de sable que la mort montante efface vague après vague.
Le temps que l’on perd n’est jamais que celui que l’on tient. Le temps qu’il nous reste est celui que l’on prend.
Pourquoi oublie-t-on ? Pourquoi pardonne-t-on ? Est-ce par la force de l’âme ou par l’usure de l’homme ?
L’homme : ça nait comme une bête, ça vie comme une bête et ça meurt comme une bête. Comme c’est bête, l’homme.
Pour bien voir, il faut voir seul. À deux, on voit double.
L’homme est la mesure de toutes choses… et sa démesure, somme toute!
Le suicide est la seule vengeance que nous ayons contre la vie.
Le temps est un vêtement sur lequel nous passons et repassons constamment.
Beaucoup se savent mortels. Combien se savent foutus?
Le suicidé est un être qui n’adhère pas à la vie, celui pour qui ça ne colle pas.
Certains énoncent, d’autres dénoncent, le reste renonce.
L’homme ne désire pas tant la vérité que l’espoir. Ne lui offrez pas la garantie que la route est sans danger, mais dites-lui qu’il sera secouru s’il vient à tomber. L’homme ne veut pas être assuré, mais rassuré.
Le soleil se consume en se consommant, la vie se consomme en se consumant.
Les hommes vivent pour une part dans l’ignorance et pour l’autre dans l’illusion. Combien peuvent vraiment affirmer vivre dans la vérité?
Qui a-t-il à tirer de la vie ? Rien, sinon sa révérence.
Tant que nous serons les enfants de Dieu, nous ne serons pas des hommes.
Un secret est quelque chose que l’on sait et que l’on tait et non que l’on ignore et que l’on honore.
L’homme est un animal qui fait ce qu’il peut, comprend ce qu’il veut et ne fait jamais ce qu’il doit.
Quand j’écris, j’ai l’impression de produire du temps. Quand je lis, d’en dépenser.
Les hommes parlent pour deux uniques raisons : soit pour expliquer, soit pour s’expliquer. Les autres parlent seuls.
Qu’est-ce que l’infini? L’infini est un espace qui n’a ni queue ni tête.
Il vaut mieux devoir beaucoup à peu que peu à beaucoup.
Les religions sont de fausses réponses à de vraies questions.
Si tu dois choisir entre la foi et la raison, choisit la raison : celle-ci éclaire. La foi, celle-là, est aveugle.
Ils cherchèrent à l’extérieur ce qui était déjà en eux et le nommèrent Dieu.
L’homme inventa le Salut car, s’il pouvait se sauver des autres, il ne pouvait se sauver de lui-même.
La sérénité c’est de l’indifférence habillée.
Je me méfie de ceux qui citent régulièrement les auteurs célèbres. Ils compensent souvent la faiblesse de leur propre pensée par ceux des grands.
La compassion est le dernier remède que l’on donne à un malade quand le médecin n’en trouve plus.
La sensibilité est l’épiderme de notre nature.
Il n’y a aucun inconvénient à espérer, mais uniquement à croire en ses espérances.
Pour avoir l’esprit de sacrifice, il faut souvent faire le sacrifice de l’esprit!
Je préfère un vrai désespoir à une fausse joie.
Le véritable mépris n’est pas le dédain que l’on nous porte, mais le respect dont on nous prive.
La mort est une certitude dont nous ne tirons que des doutes.
Croyance est fille de crédulité et mère d’illusions.
La vie est une substance crue que l’homme ne cesse d’apprêter.
Deux êtres sont en amour quand ils partagent la même illusion.
L’homme peut plus qu’il ne doit, mais moins qu’il ne veut.
Je ne parle jamais de Dieu, car il est impoli de parler des absents!
La plus grande qualité des hommes : la patience. Leur plus grand défaut : la résignation.
Le passé est le solde du présent et le futur un présent inutile.
Bonjour toto,
Il y a longtemps que je n’étais venue sur le site.
Alors je lis tes citations pour la première fois
…qui sont de toi-même j’imagine puisque tu dis :
“Je me méfie de ceux qui citent régulièrement les auteurs célèbres. Ils compensent souvent la faiblesse de leur propre pensée par ceux des grands.”
Ce que tu dis est pas mal du tout,
j’apprécie!
Par exemple :
Je préfère un vrai désespoir à une fausse joie.
Croyance est fille de crédulité et mère d’illusions.
Deux êtres sont en amour quand ils partagent la même illusion.
Il n’y a aucun inconvénient à espérer, mais uniquement à croire en ses espérances.
Il y en a d’autres qui me font penser qu’une colère couve en toi, par exemple :
La sérénité c’est de l’indifférence habillée.
Je ne te donne pas complètement tort à ce sujet car la fausse sérénité ça existe aussi, et c’est pathétique.
Bon ! continue si tu veux,
c’est assez inspirant,
aussi…
ça m’en apprend beaucoup sur toi.
Bonjour Kea,
Je vois que mes appâts ont porté ses fruits. S’il n’y a pas un ver à l’hameçon, pourquoi l’anguille fuyante s’attarderait-elle au fond de l’anse tranquille qu’est koans, à l’abri des flots hurlants de l’océan informatique ? J’ai déposé mes mots sur cette plage, heureux de trouver écho à ma voix.
Ces quelques maximes sont le distillat d’une « âme » amère, sans doute, mais cette amertume est le résultat d’observations lucides et froides comme le sont souvent celles que fait le rêveur qui s’éveille et qui voit ses songes s’évanouir : une aigre tristesse. Plutôt que de colère ou même de haine je parlerais de pénétration ou de tranchant. Le condamné, avant d’être décapité, a l’esprit aiguisé. Ainsi en est-il de moi. On peut aimer ou non mes sentences, mais on ne peut me les reprocher, car elles sont mon regard, le seul et unique que je puis porter sur le monde et la vie.
Pour ce qui est du titre « Dormir en paix », il est apparu après une réponse écrite à ce koan en relisant les archives.
Je ne te demanderai qu’une chose, Kea : comment vas-tu ?
Le regard que chacun porte sur la vie est unique comme tu dis
et j’ajouterais que ce “regard” est en évolution
ou s’il ne l’est pas
c’est donc que la rivière a rencontré un obstacle qui lui barre la route.
Mais un jour ou l’autre elle reprendra sa course vers sa source
aussitôt qu’un peu d’amour fera fondre le froid obstacle.
Il faut avoir été aimé pour aimer.
Pour répondre à ta question toto
oui, je vais bien
je trouve la vie super telle qu’elle est
avec ses hauts et ses bas.
à bientôt cher toto
La vie est un vêtement qui a ses hauts et ses bas. La mienne est un costume flétri : on me l’emprunte pour nettoyer ses peines ou laver ses malheurs, mais jamais ne l’emploie-t-on pour plaire.
Cher toto,
J’ai été absente quelques jours, alors je te réponds seulement maintenant.
J’ai de la difficulté à comprendre l’utilisation du mot “plaire” dans le contexte présent. Plaire à qui?
Qu’on t’emprunte le vêtement pour laver ses peines c’est bien je trouve, si le travail est réussi évidemment, si la personne se sent renouvelé après avoir utilisé ton linge, ce doit être absolument gratifiant d’avoir servi de la sorte. Si par contre le processus ne débouche pas sur une compréhension et la joie profonde que procure chaque pas que nous franchissons dans la connaissance de qui l’on est vraiment, alors là non on se sent plutôt abusé. Et encore là, se sentir abusé est un sentiment dont il faut chercher la racine en soi et non dans l’autre.
Qu’est ce qui attire les gens et qu’est-ce qui les éloigne?
Je t’écris ce qui me vient à l’esprit, sans fignoler, et peu importe tes réponses, c’est toujours enrichissant. J’adore aller au fond des choses, et parler de ceci et de cela ne retiendrait pas longtemps mon attention, à moins que ceci et cela mène plus loin qu’un étalage de connaissances ou que ceci ou cela soit une autre façon de rester à la surface des choses. Seuls les courageux empruntent la route qui mène à soi.
Bonjour, chère Kéa,
Je compte ici réaliser la promesse que je me suis faite de revenir te voir sitôt la possibilité de me connecter, car là où je me suis réfugié, loin du monde et de son vacarme ambiant, il a fallu que je sois patient.
Aujourd’hui, j’exécute ma promesse et je suis heureux de tenir ma parole avec beaucoup de joie. Permets-moi d’ouvrir la bouche à la porte de ta nouvelle demeure pour t’inviter à retrouver mon nouvel espace qui, j’espère, te promènera à loisir dans les plus silencieuses pièces de mon coeur.
Avec toute mon affection, Jack
La seule chose qui me blesse inlassablement est le temps.
Nous n’écoutons que notre diapason.
Nous entendons les voix des autres, mais ne gardons à notre ouïe que celles qui font vibrer nos cordes sensibles. Nous ne sommes pas sourds à autrui, mais étrangers à leurs atonalités. Comment pourrait-il en être autrement.
Nous avons nos goûts, nos préférences. Nous préférons le sucré à l’amer, le chaud au froid, le doux au rude. Avec le temps nous occultons ce qui nous déplait, nous abrasons les aspérités, nous lissons nos plumes pour mieux voler vers des contrées plus agréables, des paradis perdus…
Et nous croyons être devenus sages parce que nous avons l’âge. C’est parce que nous nous écartons de la foule ou que bien plutôt la foule s’écarte de nous, que nous arrivons à distinguer la multitude. Le temps et l’espace font la plus grande partie du travail et nous constatons seulement la distance parcourue. Voilà notre seul mérite.
Une remise en question n’est souvent qu’une remise à questions : on se débarrasse de nos vieilles interrogations en les cachant tout au fond de la cour pour faire place à de nouvelles. Vite que passe le chiffonnier !
Pour ce qui est de la vie, dommage qu’on ne puisse la brocanter. Nous pourrions vendre la nôtre ou mieux, l’échanger. « Vie à vendre ! Échangez votre destinée ! À qui, la bonne fortune ? »
à bientôt, petit caillou
Cher Toto,
Je pense à toi et t’envoie toute mon affection !
Chère Kea,
Pourquoi ces mots si doux résonnent-ils en moi comme la tendresse portée aux morts ?
Parce que je le suis ?
Tu as vu juste.
Cher Toto,
Ces mots sont montés d’eux-mêmes en moi et je les ai écrits parce que mon coeur les disait.
Je me sens bien impuissante à dire quoi que ce soit pour te répondre. Être écouté est sans doute ce qui serait le mieux pour toi car toi seul peut regarder en toi-même. Il y a des moment où l’on a vraiment besoin d’aller voir plus loin en soi, car derrière ce que tu vois maintenant, il y a encore autre chose, et encore autre chose. C’est pourquoi Socrate disait “Connais-toi toi-même!” Il savait de quoi il parlait.
Si comme tu dis tu préfères le doux à l’amer (j’ajoute le sens au non-sens) il me semble que tu aimerais mieux une vie heureuse à une vie malheureuse. On vient au monde avec ces préférences là et pour moi c’est un indice de la direction à regarder, car sinon il y aurait longtemps que toute vie serait disparue de la planète si elle n’avait aucun sens. Ce qui n’a pas de sens, tout notre être tend à le détruire. S’il y a encore de la vie sur terre c’est donc qu’on l’aime, et puisqu’on aime ce qui a du sens !!!
Sans amour oui, c’est la mort.
On ne devrait jamais écrire le dimanche… Jour mortel!
Quand j’écris comme j’écris, c’est qu’il n’y a plus d’espace superficiel auquel je puis encore adhérer. La surface grenue sur laquelle je m’agrippais naguère est dorénavant lisse et froide. Un amalgame de métaux fondu à haute température par la chute en profondeur, dans mon magma élémentaire, de la connaissance de soi. Maintenant je sais la fin de l’histoire, la mienne. La seule chose qui me maintienne dans ce que tu appelles avec affection la vie, c’est de la connaître. Connaître la suite des événements en toute connaissance de cause, c’est-à-dire dans cette recherche de savoir qui nous mène à la découverte, à la clé qui ouvre l’huis de la finalité des choses. Ce qu’on y trouve n’est que pure absurdité. Une totale et complète absurdité au visage grimaçant et complice du néant, un chaos quantique dans lequel il n’y a aucune possibilité de se mettre à l’abri des tempêtes de nos peurs, de nos doutes et de nos angoisses. Dans ce déchaînement total, l’amour, la foi, la vie, mais aussi la raison, la beauté ou la culture ne sont que de fragiles radeaux sur lesquels s’accrocher en attendant d’être englouti dans cet océan insatiable. Pour l’instant je me laisse dériver sur cette mer agitée avant d’être noyé, tel l’accomplissement des vœux d’un dieu fou.
Que ta soif de savoir ne soit jamais désaltérée, que ta faim de connaître ne soit nullement rassasiée.
J’aimerais te poser une question Toto :
Si pour toi la vie n’a aucun sens,
pourquoi vouloir converser avec quelqu’un
qui lui en trouve… du sens ?
Quel sens trouves-tu à cette conversation
parce que si tu ressentais qu’elle n’en ait pas
je ne pense pas que tu t’y intéresserais
Chère Kea,
Primo: la vie en soi n’a aucun sens. Le “sens de la vie” est un donné que l’on pose sur un fait, la vie ou le vivant si tu préfères. On peut y poser autant de sens qu’il y a de sensitif disponible à le faire. Si la vie avait un sens elle aurait UN seul et unique sens, et ce sens serait le même pour tous. Mais tel n’est pas le cas. Le sens que tu y donnes n’est pas le même que le mien, ce qui nous fait déjà deux sens à la vie. Là où tu vois la vie, moi, je vois la mort. Là où tu vois la création, je vois la destruction. Dire que ma vision est fausse ou mauvaise c’est revenir à une vision unilatérale, celle de la platitude de la Terre, une vision unipolaire.
Toi, tu as décidée de placer l’amour au centre de ta vie. Moi, en périphérie, avec les autres illusions de la vie des hommes. Si tu voyais le bâtiment en entier tu verrais toute l’absurdité de cette construction. Tu as choisi l’alcôve de l’amour, une petite pièce douce et chaude dans laquelle tu te sens rassurée. Moi, je me tiens à l’extérieur de cet édifice aux murs lézardés. Il n’y a ni chaleur, ni confort, mais j’y suis à l’abri des séismes.
Secundo: pourquoi converser ? Par curiosité et par distraction, peut-être même par plaisir.
Ta réponse ne me suffit pas cher Toto !
J’aimerais que tu me parles du plaisir; quel plaisir?
un peu de joie j’espère!
Il y a aussi le fait que tu dises qu’il y a plusieurs façons de voir la vie, mais à te lire il ressort que la tienne soit la bonne, que la vie est vraiment ce que tu dis qu’elle est et que ceux qui ne la voient pas comme toi s’illusionnent tout simplement. Excuse moi de te le dire mais pour moi c’est une autre sorte de religion ou d’antireligion; ce qui revient au même.